Publié par : pedrock | octobre 21, 2008

Coups de gueule choisis I: Adamek Vs. les fonctionnaires

Voici le premier d’une série de « Coups de gueules choisis »: billets tout aussi injurieux et enragés que malins, habiles et bouillonnants d’esprit. En quelque sorte un antidote aux injures (« t’es tro con ») plates et puériles qu’incite internet et son couvert d’anonymat.

Pour commencer: la tirade contre les fonctionnaires, que l’on peut retrouver dans « Un imbécile au soleil » d’Adamek et qui peut parfois faire un bien fou, après une matinée passée à essayer de renouveler son passeport ou à introduire un permis d’urbanisme pour des travaux chez soi.

Que mon père me pardonne, instituteur dévoué corps et âme à sa tâche toute sa vie durant.
Les personnes visées, elles, se reconnaîtront.

« Ah! Ils me font bien rigoler, les révolutionnaires de par le monde, attardés qu’ils sont toujours à la lutte des classes! A vouloir aveuglément que les manoeuvres deviennent millionnaires et les PDG clochards! Il y a beaucoup plus urgent comme révolution. L’humanité est divisée autrement qu’entre pauvres et riches. D’un côté les gens, de l’autre les nommés à vie, képis, manches de lustrine, médaillons, gavés de privilèges et de sécurité, se foutant de tout, emmerdant le monde par tradition, toujours en congé ou en retard, rats embusqués dans le labyrinthe des administrations, parfaitement anonymes, budgétivores excessifs ruinant les civilisations et les familles, intouchables et prospères, vulgaires, indolents, jamais responsables de rien, le pire ramassis de plaqués insatiables, les fonds de tiroir de l’univers!

Que je vous tracasse, que je vous fasse poireauter huit heures avant d’apposer mon petit tampon bleu sur votre permis de résider, de pêcher, d’avoir un chat, un canari, une trompette! Que je suis du côté de l’autorité, pleins de pouvoirs et tampons bleus.
Vous êtes pas d’accord? Vous vous rebiffez, malotru? Un trait de plume et je vous racle des registres. Scrîî! Vous n’existez plus, vous n’êtes plus qu’une rature.
Vous pouvez toujours vous plaindre à mon chef, et au chef de mon chef. Et ainsi de suite jusqu’à la trente-deuxième signature avant d’arriver à la décision. Vous n’aurez jamais le temps d’attendre, vous serez mort avant.

Quinze personnes chaque jour dans les bureaux aériens, les coupoles, gratte-ciel, casemates pour se pencher sur votre cas, vous disséquer à vif, vous harceler d’avis, de petites notes, d’avertissements. Vous conduire à la corde s’ils le veulent, par vous-même, c’est vous qui ferez le noeud, qui basculerez le tabouret. Eux, jamais! Nommés à vie qu’ils sont, abreuvés de la sueur et de l’angoisse des autres tandis que les mandats se détachent pour eux des arbres d’abondance, aussi permanents que les feuilles d’un calendrier. Leurs têtes sur une pique un beau matin, voilà ce qu’ils méritent. Ah la belle révolution! » (André-Marcel Adamek, Un imbécile au soleil)

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Responses

  1. […] par exemple épinglé Adamek laminant les fonctionnaires, ou Brassens qui chante sa haine envers les franchouillards […]


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