Dans la section “Coups de gueule choisis”, j’aime à compiler les billets enragés qui par leur style se positionnent aux antipodes des coups de gueules puérils qui pullulent un peu partout depuis que notre siècle de l’information nous a congratulé tous autant que nous sommes avec un porte-voix pseudo-universel, que l’on soit Prix Nobel de littérature ou analphabète xénophobe. On y trouve donc de fines plumes qui se fâchent et qui se lâchent, qui perdent leur sang froid tout en gardant le style.
J’ai par exemple épinglé Adamek laminant les fonctionnaires, ou Brassens qui chante sa haine envers les franchouillards auto-satisfaits.
Pour l’heure c’est un cas un peu particulier qui nous occupe, car la personne (que dis-je, l’artiste, le séducteur, l’énigmatique aventurier) en question n’a nul besoin de tiers pour le ridiculiser, pour le couvrir de sobriquets cocasses. Oui, Michel Sardou, lui, sait faire ça très bien tout seul. Oui d’accord, c’était il y a longtemps, il faut que jeunesse se passe, et oui on en a tous dit des conneries, jadis. Mais lorsqu’on en est toujours resté fier, lorsqu’elles sont aussi énormes, lorsqu’elles ont contribué à une telle notoriété nationale par leurs scandales aujourd’hui oubliés il est important de faire l’exercice de mémoire historique. Il est important de montrer aux plus jeunes qui est vraiment ce personnage qu’ils voient passer (du coin de l’oeil, entre deux twitts) de temps en temps chez Drucker, ce qui se cache sous cette bouille luisante de gigolo produit blanc au chômage. Ne rien oublier, faire perdurer les mauvais souvenirs du passé de génération en génération, pour éviter de commettre à nouveau les mêmes erreurs.
Mais je m’emballe, je m’emballe, j’avais dit que je le laisserai se dévoiler lui-même, je vous laisse donc sans plus attendre avec le plus grand séducteur de ménagères UMP de tous les temps. Admirez.
Le temps béni des colonies
Moi monsieur j’ai fait la colo,
Dakar, Conakry, Bamako.
Moi monsieur, j’ai eu la belle vie,
Au temps béni des colonies.
Les guerriers m’appelaient Grand Chef
Au temps glorieux de l’A.O.F.
J’avais des ficelles au képi,
Au temps béni des colonies.
On pense encore à toi, oh Bwana.
Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
Y a pas d’café, pas de coton, pas d’essence
En France, mais des idées, ça on en a.
Nous on pense,
On pense encore à toi, oh Bwana.
Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
Pour moi monsieur, rien n’égalait
Les tirailleurs Sénégalais
Qui mouraient tous pour la patrie,
Au temps béni des colonies.
Autrefois à Colomb-Béchar,
J’avais plein de serviteurs noirs
Et quatre filles dans mon lit,
Au temps béni des colonies.
On pense encore à toi, oh Bwana.
Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
Y a pas d’café, pas de coton, pas d’essence
En France, mais des idées, ça on en a.
Nous on pense,
On pense encore à toi, oh Bwana.
Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
Moi monsieur j’ai tué des panthères,
A Tombouctou sur le Niger,
Et des Hypos dans l’Oubangui,
Au temps béni des colonies.
Entre le gin et le tennis,
Les réceptions et le pastis,
On se s’rait cru au paradis,
Au temps béni des colonies.
On pense encore à toi, oh Bwana.
Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
Y a pas d’café, pas de coton, pas d’essence
En France, mais des idées, ça on en a.
Nous on pense,
On pense encore à toi, oh Bwana.
Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
Je Suis Pour
Tu as volé mon enfant
Versé le sang de mon sang
Aucun Dieu ne m’apaisera
J’aurai ta peau tu périras
Tu m’as retiré du coeur
Et la pitié et la peur
Tu n’as plus besoin d’avocat
J’aurai ta peau tu périras
Tu as tué l’enfant d’un amour
Je veux ta mort
Je suis pour
Les bons jurés qui s’accommodent
Des règles prévues par le code
Ne pourront jamais t’écouter
Pas même un Christ à tes côtés
Les philosophes les imbéciles
Parc’que ton père était débile
Te pardonneront mais pas moi
J’aurai ta tête en haut d’un mât
Tu as tué l’enfant d’un amour
Je veux ta mort
Je suis pour
Tu as volé mon enfant
Versé le sang de mon sang
Aucun Dieu ne m’apaisera
J’aurai ta peau tu périras
C’est trop facile et trop beau
Il est sous terre tu es au chaud
Tu peux prier qui tu voudras
J’aurai ta peau tu périras
Tu as tué l’enfant d’un amour
J’aurai ta mort
Je suis pour
Et ben dis donc, je ne les connaissais pas celles-là. C’est effectivement un travail historique: c’est tellement en décalage, c’est ahurissant!
Par Mathieu le avril 1, 2010
à 8:55
Tu as oublié celle-là:
Dans les villes de grande solitude,
Moi, le passant bien protégé
Par deux mille ans de servitude
Et quelques clous sur la chaussée,
Dans les villes de grande solitude,
De nouvel an en nouveaux nés,
Quand j’ai bu plus que d’habitude,
Me vient la faim d’un carnassier,
L’envie d’éclater une banque,
De me crucifier le caissier,
D’emporter tout for qui me manque
Et de disparaître en fumée
Mais dans les villes de grande solitude,
Tous les héros se sont pollués
Aux cheminées du crépuscule
Et leurs torrents se sont calmés.
Alors je fonce comme une bête
Sur le premier sens interdit.
Aucun feu rouge ne m’arrête.
Je me sens bien dans ma folie.
J’ai envie de violer des femmes,
De les forcer à m’admirer,
Envie de boire toutes leurs larmes
Et de disparaître en fumée
Mais dans les villes de grande solitude,
Quand l’alcool s’est évaporé,
Je replonge dans la multitude
Qui défile au pas cadencé.
J’ai peur d’avoir brisé des vitres,
D’avoir réveillé les voisins
Mais je suis rassuré très vite :
C’est vrai que je ne casse rien.
Par JFD le avril 1, 2010
à 20:51
C’est juste insoutenable. L’âme noir d’un homme que des millions ont adoré.
Par Le choqué le octobre 11, 2010
à 23:25