La fondation Playing for Change a produit ce clip il y a quelques mois, donnant ainsi la parole (et bien plus) à des musiciens de rue.
Le résultat est aussi stupéfiant que touchant.
Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec les pot-(très)-pourris de nos amis français, pastiches de stars de la variété ne ratant jamais une occasion pour se réunir et chanter en coeur contre tous les problèmes de nos sociétés (que se soit la faim, le SIDA, le tsunami, la fin du bouclier fiscal ou les transports en commun).
Et si pour le prochain “Enfoirés” on donnait une chance en musique à ceux qui ont tout perdu ?
Ça ferait peut-être un peu plus crédible…
La preuve qu’il n’y a pas besoin de droits d’auteur pour avoir de la bonne musique. Sérieusement!
Par Mathieu le mars 29, 2009
à 22:18
Je ne trouve pas la version “avec les pauvres” plus crédible que celle avec les “people”.
Les acteurs changent, le formattage gnan-gnan est pareil.
Et pour faire l’avocat du diable des enfoirés, leur exercice annuel [chiant gnan-gnan il est vrai pour certains, dont certainement moi] a l’avantage de ramener plein de thunes pour les restos du coeur. Si la forme est naze pour certains, l’objectif concret est atteint: récolter un max de blé pour l’hiver de ceux qui n’ont pas grd chose. Et dans ce domaine le pragmatisme prévaut [comme Daniel].
Je ne suis donc absolument pas d’accord avec la dernière phrase de ton article-blog. Les enfoirés donnent un bon coup de pouce à ceux qui n’ont plus rien en faisant ce qu’ils font. P-ê qu’il y aurait moyen d’actualiser la formule en changeant la forme [des gens plus drôles et moins de pathos], mais pas sûr qu’une chanson faite par les SDF français serait aussi efficace. Quant au coté crédible….je pense que ça serait au mieux autant incrédible et gnan-gnan [comme qd je vois la vidéo que tu nous montre], au pire tout simplement pitoyable. Et ces gens-là ont plus besoin de compassion que de pitié.
Par Phil le avril 3, 2009
à 21:12
@Mathieu:
Merci pour ton commentaire. Je suis tout à fait d’accord avec toi, il n’y a pas du tout besoin de droits d’auteur pour faire de la bonne musique (il suffit de demander à tous ces petits groupes qui produisent -parfois- de vrais bijous pour le plaisir dans leur garage). Pareil ici, cette chanson (comprendre: l’originale) n’a plus de droits d’auteurs, et c’est très bien, car d’une part elle remplie son but premier: fournir un service à la société (toucher les gens, les faire réfléchir, les rendre heureux, etc.); tout en ne devant *plus* remplir son but indirect: aider à la subsitance de son auteur et l’inciter ainsi à continuer la création.
De plus, en ce qui concerne cette version-ci, elle profite des subsides de la fondation pour créer le clip (dons de particuliers en grande partie). En somme ça marche très bien dans ce contexte, mais je continue à croire qu’une rémunération systématique sera plus juste (car contrairement aux dons, ils ne sont pas biaisés par les modes ou les moyens de communication de chacun), et surtout plus simple.
@Filou:
Merci pour cette défense du diable
En effet, je crois que j’ai dû changer deux ou trois fois le tout dernier mot (celui de la dernière phrase à laquelle tu fais référence). Pour la petite histoire j’hésitais entre “honnête”, “authentique”, “crédible” et peut-être d’autres…mais ça ne change pas grand chose à ce que tu as (bien) compris = je trouve la démarche démago des artistes écoeurante. Par contre il y a autre chose que tu n’as pas si bien compris: les Restos du Coeur que tu défends ne sont pas du tout visés par ce post. Je trouve (tout comme 99% de la population) qu’ils ont une fonction louable et nécessaire. Les Restos du coeur ne sont d’ailleurs jamais sités.
Pour ce qui est du contenu du clip: même si tout est une question de goûts et de couleurs (et même si mon professeur de peinture m’a toujours dit le contraire: “non, les goûts et les couleurs ne se discutent pas, il y a les bons goûts et les mauvais goûts. La preuve, dans l’art les couleurs respectent toujours certaines règles”), je vais essayer d’étayer mon point de vue.
Non, je ne trouve pas que les deux versions soient aussi crédibles l’une que l’autre. Pourquoi?
Primo (à propos des couleurs), le formattage n’est pas du tout le même (gnan-gnan): d’une part nous avons les clips des Enfoirés -que l’on ne présente plus- et de l’autre un mixage d’enrigistrements en prise (rapide) directe, dans la rue, sans playback, sans mise en scène, sans maquillage, sans effets de floutage, sans biches aux décoletés aussi profonds que les regards à la ténébrosité étudiée et rehaussée sur photoshop des beaux mâles qui les accompagnent.
Se sont des musiciens de rue qui chantent et jouent…tout court. Se sont des voix que l’on n’avait jamais entendues auparavant, et que l’on entendra sûrement plus jamais ensemble, il y a donc là une authenticité artistique qui n’est pas du tout comparable.
Car l’art n’est-il pas justement cette forme d’expression qui a pour but premier la communication d’un sentiment universel, intrinsèque et spécifique à l’être humain?
De ce point de vue là je pense contrairement à toi que Ginette de Pantoise-Les-Yvelines pourra apprécier ce chant métisse d’africains, d’indiens et d’afroaméricains. Je ne suis par contre pas sûr que Lorie ou Calogèro (qui adaptent leur musique au plus vendeur, selon les humeurs du client -jusqu’à faire des chansons sur les SMS ou les Tchats-) arriveront à toucher le coeur de…celui qui n’a pas été visé par l’étude de marché du manager de Calogéro et de Lorie.
Et encore, lorsque Calogèro et Lorie se plient aux lois du marché pour s’en mettre plein les poches c’est leur problème (et s’est légitime, c’est un boulot comme un autre), quand ils le font pour avoir leur quota d’écran tout en vendant leur grand coeur, ça me dérange.
Autre bon point donc pour Grandpa Elliott et son orchestre = ils s’en foutent de passer à la télé, ils ne peuvent donc pas être, par définition, démagos ni calculés dans leur démarche.
Du point de vue du pragmatisme, il prévaut en effet, et sur ce coup là, je pense que “Playing for Change” n’aura jamais récolté autant de thunes ni de pub qu’avec ce clip. Nous n’avions en effet jamais entendu parler de cette fondation avant.
Peut-être que ça ne marcherait pas pour les français (à nouveau je pense que quelque part tu les sous-estimes, il faut accorder du crédit à l’universalité de la démarche artistique), mais ça marche pour le monde entier (la preuve, 8M de hits sur youtube…and counting).
Tu as raison sur un point, montrer des “pauvres pauvres” qui chantent pour les Enfoirés ça aura *maintenant* un côté pitoyable (de là le 2ième degré de la demande aux Enfoirés), mais seulement parce que cela serait venu *après* l’original, et pour être authentique il faut avant tout être original (c’est là le nerf de la guerre: il n’y a pas d’art sans authenticité et donc sans originalité, sinon ce n’est pas de l’art, c’est de la copie).
Par pedrock le avril 4, 2009
à 11:22